Marine Jouët : L'ange gardien

À 31 ans, Marine Jouët. conseille et accompagne des porteurs de projets en difficulté. Portrait d’une entrepreneuse à la fois lucide, pétillante et pleine de bon sens que les ténors de l'écosystème entrepreneurial s’arrachent.

Octobre 2018

Résoudre des problèmes. Voilà ce qui anime Marine Jouët. Depuis bientôt deux ans, cette entrepreneuse éclaire des start-up, des entrepreneurs, ou n’importe quelle personne en difficulté. Ses atouts ? Son bon sens d’abord. « J’essaye simplement de lire à travers les lignes, explique l’intéressée avec humilité. De contourner les problèmes pour mieux les analyser.» Son réseau ensuite. Passionnée par l’innovation et les aventures en tous genres, depuis plusieurs années, cette hyperactive multiplie les projets, contribue au développement d’espaces de coworking, organise des événements dédiés aux start-up, pilote des programmes d’accélérateurs et se fait un nom dans l’écosystème. « Elle est intelligente, petillante, humble et en même temps redoutablement efficace », explique Stephanie Zatenko, l'une de ses anciennes collègues, devenue une amie proche. Même constat pour Cyril Garnier, l’ex-directeur général de SNCF développement : « C’est une partenaire hors pair, dynamique, énergisante, optimiste qui aide tout le collectif à aller de l'avant », confirme celui avec qui elle a récemment collaboré sur des projets d’intrapreneuriat.

« J’essaye simplement de lire à travers les lignes. De contourner les problèmes pour mieux les analyser.»

Concrétisation visible et rapide

Au départ pourtant c’est vers l’événementiel et l’organisation de salons que Marine Jouët se tourne. Ce qu’elle aime ? La concrétisation visible et rapide des projets. Une fois son diplôme de Master de management des projets internationaux (ESCP) en poche, elle est embauchée par GL events. Après quatre années à aménager des rendez-vous dans l’univers de la mode, Marine Jouët, en quête d’autonomie, rêve d’international et décide de quitter l’entreprise lorsque la société Leaders League la contacte pour intégrer son pôle événementiel.

Passion pour l’entrepreneuriat

Dès son arrivée, au début de l’année 2015, elle se voit attribuer les événements liés à la croissance et à l’innovation ainsi que le management d’une équipe. « Ca a été un vrai tournant pour moi », se souvient celle qui développe progressivement une passion pour l’entrepreneuriat. Parce qu’elle est dynamique, motivée et qu’elle s’investit à 100 % dans sa mission, la jeune femme bénéficie d’une grande liberté d’exécution dans l’organisation d’événements. « Elle est pleine d'imagination et de ressorts », assure Cyril Garnier. Parfois même jusqu’à l’épuisement. Mais pas question de bâcler son travail pour autant. « Elle est précise et rigoureuse dans ses productions », poursuit-il.

En parallèle de son activité professionnelle, Marine Jouët, décidée à s’engager pour les causes qui l’inspirent, collabore bénévolement à plusieurs projets comme start-up pirates (un programme de formation pour entrepreneurs) ou Tedx, la fameuse série de conférences internationales qui a pour objectif de diffuser des « idées qui valent la peine d'être diffusées ».

« C’est une partenaire hors pair, dynamique, énergisante, optimiste qui aide tout le collectif à aller de l'avant »

Cyril Garnier

« Start-up corner »  : En 2015, dans le cadre de son rôle de chef de projet événementiel au sein de la société Leaders League, elle imagine un « start-up corner », un rendez-vous à l’occasion duquel les entrepreneurs peuvent se rencontrer et trouver des clients parmi les membres des comités exécutifs présents à l’occasion des événements organisés par la société.

Voler de ses propres ailes

Remarquée par plusieurs recruteurs, elle est régulièrement « chassée ». Quelques fois pour des postes en événementiel, d’autres en communication externe ou encore en qualité de responsable éditorial. « Il y a toujours quelques chose :  le poste, le salaire, les valeurs, le management… qui me bloque, dans ces propositions », explique celle qui décide de quitter Leaders League en 2017 pour voler de ses propres ailes. Elle accepte toutefois un poste à durée déterminée pour le Partech Shaker, le campus de start-up, créé par le fonds d’investissement Partech. « C’était un univers bouillonnant, au sein duquel j’ai beaucoup appris », explique-t-elle. À la fin de sa mission, la jeune femme est à nouveau sollicitée pour des postes. Mais pas question de revenir au salariat pour l’heure. Place à l’entrepreneuriat.

Créer « les bons match »

Et ça marche. Très vite, Cyril Garnier, lui propose notamment de gérer en indépendante les programmes d’accélérateur et d’intrapreneuriat de la SNCF. Une aubaine. « Ca me donne confiance en moi et me motive pour créer ma boîte », analyse-t-elle. Alors en février 2018, elle lance sa propre entreprise : Option B. « Chaque personne qui démarre un projet a en tête un plan A, explique-t-elle. Lorsque ce plan A ne fonctionne pas, alors ils peuvent faire appel à moi. Je suis en quelque sorte le plan B  »

L'objectif : accompagner des entreprises (trois actuellement) pour structurer leur croissance, donner vie à leurs projets, mais aussi les mettre en relation avec les bonnes personnes. Créer  « les bons matchs ». Son point fort pour y parvenir ? Son courage et son intégrité, estime Stéphanie Zatenko. « Elle attend des autres et de la relation qu'elle noue avec eux, la même honnêteté qu'elle s'impose à elle-même. »

Son mentor ? Son oncle. En 2016, celui-ci envisage d’ouvrir un espace de co-working à Madrid. Une initiative enthousiasmante qui réunit à la fois l’envie de Marine Jouët de partir à l’étranger et sa passion pour l’entrepreneuriat. Si le projet n’a finalement pas vu le jour, il est toujours inscrit dans la mémoire de l’entrepreneuse. Les deux compères ont récemment une société : HM2K. « C’est un véhicule d’investissement. On met en commun nos compétences : investissement et croissance »

« Elle attend des autres et de la relation
qu'elle noue avec eux, la même honnêteté
qu'elle s'impose à elle-même. »

Stéphanie Zatenko 

Continuer son ascension

Cet automne, c’est dans l’oeil de la BPI (Banque publique d’investissement) que Marine Jouët a tapé. Celle-ci lui a notamment proposé de gérer son accélérateur de fonds.« De la même façon que naissent des accélérateurs de PME, ETI, start-up, il s’agit là d'accélérer des sociétés de gestion », précise l’entrepreneuse, enchantée par cette nouvelle aventure. Une nouvelle aventure qui pourrait même l'engager plus largement. « Je me reconnais dans les valeurs de la BPI, assure-t-elle. Si tout est aligné, je ne refuserai pas de revenir au salariat. On verra ce que l’avenir me réserve, mais c’est plutôt bien parti.» Une lucidité, une envie de croquer la vie à pleines dents et une capacité à déplacer des montagnes qui devraient permettre à Marine Jouët de continuer son ascension dans l’écosystème tricolore.

 

Capucine Coquand

  • Adolescente, elle rêve d’être pilote d’avion.

  • Elle est passionnée par le sport, et joue au golf à haut niveau depuis son plus jeune âge.

  • Elle a co-créé une marque de produits personnalisables qui prône le « chill », le cool, le simple et donne le sourire.

  • Elle co-organise régulièrement des « single party », des soirées visant à réunir, le temps d’une soirée festive, les célibataires de son réseau.

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