Didier Zerbib : Meneur d’hommes
À 44 ans, Didier Zerbib s’impose comme l’un des piliers du groupe Premium, dont la réputation n’est plus à faire dans l’univers de la gestion de patrimoine. Il suffit d’évoquer son chiffre d’affaires – 333 millions d’euros en 2024 – pour s’en convaincre. Le secret de ce self-made man qui surperforme depuis plus de vingt ans ? Sa fibre business, son envie de faire des choses sérieuses sans se prendre au sérieux, son immense capacité à embarquer et fidéliser ceux qui le suivent. Portrait d’un homme sans filtre.
En 2004, lorsqu’il crée Capfinances aux côtés de son frère Laurent, Didier Zerbib devient l’enfant prodige de la gestion de patrimoine. Il n’a alors que 24 ans. Doté d’une fibre commerciale, d’une force de travail remarquable et d’un indéniable bagou, celui qui deviendra le plus jeune courtier de France convainc des compagnies d’assurances de lui confier des gammes de produits, tout en gagnant la confiance de ses clients. Si bien que son cabinet de gestion de patrimoine s’impose progressivement dans l’écosystème. En 2018, le chiffre d’affaires de celui-ci s’élève à 15 millions d’euros. La même année, l’entreprise intègre le groupe Premium et, sans perdre ni son identité ni son ADN, entre dans une autre dimension. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Cinq ans plus tard, Capfinances affiche un chiffre d’affaires de près de 137 millions d’euros. Si Didier Zerbib continue de piloter le cabinet avec son frère aîné, il prend également des responsabilités au sein du groupe, jusqu’à sa nomination en tant que directeur général adjoint en 2024.
« L’aspect humain a réellement été déterminant dans notre réussite. Avoir des amis fidèles à nos côtés a été un élément clé. C’est toujours le cas ! »
Le challenge technologique
Quel est le secret de ce self-made-man qui signe aujourd’hui l’une des plus jolies réussites françaises dans l’univers de la gestion de patrimoine? Sa capacité à cerner rapidement les sujets et son sens des affaires, peut-être. Son envie d’entreprendre, sans doute. « J’ai toujours su que je voulais être chef d’entreprise », assure l’intéressé avec l’énergie et la franchise qui le caractérisent. « Quand j’étais plus jeune, j’étais capitaine d’équipe ou délégué de classe. J’ai toujours été meneur, parfois même sans le vouloir. » Inspiré par son père et son frère, qui travaillent dans le secteur financier, Didier Zerbib a seulement vingt ans lorsqu’il intègre AGF Assurance Finance en tant que conseiller en gestion de patrimoine. « J’ai suivi une formation en interne et surtout, appris le métier sur le terrain, explique celui qui se forme aux côtés de son frère Laurent, alors responsable au sein de la même société, avant de révéler : « Mon parcours professionnel est étroitement lié au sien. Parler de moi, c’est forcément parler aussi de lui.» Très vite, les résultats du jeune courtier sont au rendez-vous. L’homme surperforme. Pas question de rester salarié. Didier Zerbib veut évoluer vite et gagner en liberté. En 2004, les deux frères quittent AGF. Ensemble, ils fondent leur propre cabinet de gestion de patrimoine, Capfinances. « Nous sommes complémentaires, assure Didier Zerbib. Il est calme et très technique. De mon côté, je suis plus fougueux. » Le démarrage ne sera pas dénué d’embûches. Les partenaires n’accordent pas facilement leur confiance. Déterminé et convaincu que son frère et lui ont une carte à jouer, l’entrepreneur tape aux portes des compagnies d’assurances. Et ça marche. Aviva acceptera de confier sa gamme à Capfinances.
« C’est un vrai projet entrepreneurial… on fait un peu de tout. D’ailleurs, les quatre premières années, on travaille depuis notre garage, en Normandie », raconte Didier Zerbib, avec le sourire. Un sourire communicatif et une capacité à faire des choses sérieuses sans se prendre au sérieux qui donnent envie à ses amis de rejoindre Capfinances. « Dès le début, c’est une histoire de copains », affirme Cédric Nobis, un ami d’enfance de Didier Zerbib, qui rejoint la structure en 2005 où il est aujourd’hui directeur des opérations. L’intéressé corrobore: « L’aspect humain a réellement été déterminant dans notre réussite. Avoir des amis fidèles à nos côtés a été un élément clé. C’est toujours le cas! »
Une nouvelle dimension
D’entrée de jeu, Capfinances fait le pari d’une approche sécuritaire pour ses clients. Pas question de proposer monts et merveilles avec des placements à risque. « On n’a jamais cherché à faire rêver nos interlocuteurs, insiste Didier Zerbib, nous ne sommes pas là pour survendre des rendements exorbitants. » La stratégie s’avère payante, notamment au moment de la crise des subprimes, à la fin des années 2000. Alors que certains investissements seront réduits à néant, les placements proposés par l’équipe des frères Zerbib restent stables. Une situation conjoncturelle qui renforce l’image et la réputation du cabinet. « Nous avions déjà la conviction profonde que notre approche était la bonne et nos résultats au cours de cette période viennent totalement confirmer notre positionnement », assure l’entrepreneur. Progressivement, l’entreprise se structure, s’installe dans des bureaux – toujours en Normandie – reçoit des clients et étend son marché à l’ensemble du territoire national. Les partenaires désireux de diffuser l’offre Capfinances sont de plus en plus nombreux. Ce qui les motive ? La qualité du service rendu au client, bien sûr, l’ambiance à la fois familiale et professionnelle qui règne au sein de la maison, mais aussi et surtout, l’influence de Didier Zerbib. « C’est un homme qui dit ce qu’il fait et qui fait ce qu’il dit, explique Cédric Nobis. Il est sans filtre tout en ayant une vraie considération pour l’autre. Cela vaut pour les clients et pour ceux qui travaillent à ses côtés. C’est, à mon sens, une des clés du succès de Capfinances. »

Au bout de quelques années, une centaine de partenaires diffuse la gamme de l’entreprise. Le chiffre d’affaires croît de manière régulière, et atteint 15 millions d’euros en 2018.
Forts de leur succès, les frères Zerbib et leur équipe voient plus loin et aspirent à de nouveaux projets. Au même moment, ils rencontrent un certain Olivier Farouz, président du groupe Premium, un des acteurs les plus importants – en termes de chiffre d’affaires et de nombre de partenaires – sur le terrain des solutions patrimoniales, assurantielles et gestion d’actifs. En 2018, Capfinances rejoint le groupe, consolidant ainsi le pôle courtage de ce dernier. Galvanisés par ce nouveau souffle, Didier et Laurent Zerbib renforcent leur méthode ainsi que leur réseau de partenaires et créent de nouveaux centres d’affaires aux quatre coins de la France. L’entreprise entre dans une nouvelle phase. Le succès est fulgurant puisque, à partir de 2018, la société affichera chaque année une croissance de plus de 30 %. « Quand Capfinances a rejoint le groupe Premium, cela a tout changé, assure sans détour Olivier Farouz. Les compétences de Didier et Laurent Zerbib ont transformé notre structure. Ce sont de vrais meneurs d’hommes. Je peux dire que cela a été le deal le plus important de ma vie. »
Sortir la gestion de patrimoine de son carcan élitiste
Le leadership de Didier Zerbib se diffuse naturellement au sein du groupe Premium. S’il continue de piloter Capfinances, l’homme prend en charge la direction commerciale du pôle courtage du groupe en 2022. Il est nommé directeur général délégué de l’ensemble du groupe deux ans plus tard. « Je suis là pour apporte une vision commerciale et soutenir Olivier Farouz, un meneur exceptionnel. Mon rôle est d’assurer la performance et la rentabilité des marques tout en garantissant la satisfaction de nos clients. C’est essentiel.» Ce qui lui plaît dans cette nouvelle casquette? Le défi, bien sûr. Celui d’atteindre l’objectif chiffré ensuite, dans des conditions de travail agréables. Au poste à responsabilités qu’il occupe désormais, Didier Zerbib n’a pour autant rien perdu de sa philosophie et de son savoir-être. « Il se dégage de lui une sorte de force lumineuse qui donne réellement envie de le suivre. Il est jovial, c’est un plaisir de travailler à ses côtés. On s’amuse, tout en relevant de sacrés challenges », témoigne Graig Monetti, directeur de la RSE, des relations publiques et de la communication au sein du groupe Premium, non sans esquisser un sourire amical. Didier Zerbib en est convaincu, la gestion de patrimoine doit sortir de son carcan élitiste.
Une vision qu’il applique à tous les niveaux. Aux clients du groupe comme aux collaborateurs ainsi qu’aux partenaires. « L’épanouissement de nos collaborateurs est une vraie source de motivation. Certes, il est important d’atteindre nos objectifs financiers, mais ils ont une saveur toute différente, lorsque ceux qui contribuent aux succès du groupe sont chaque jour heureux de se lever pour aller travailler. Le succès collectif est particulièrement satisfaisant à mes yeux. » Plus de 700 personnes sont aujourd’hui associées au capital du groupe Premium. Celui-ci continue de se développer sur le segment de l’immobilier et souhaite s’implanter dans d’autres pays, notamment en Italie, en Belgique et au Portugal. « Nous avons déjà commencé à dépoussiérer notre secteur, témoigne l’intéressé. Et nous n’avons pas fini. » Affaire à suivre, donc !
